dimanche 31 juillet 2011

L’été, soyez responsables!

Les associations lancent un cri d'alarme : les abandons sont de plus en plus nombreux l’été sur les routes des vacances.
Ils vous ont séduits au début avec leurs petits yeux humides, leurs adorables bouilles rondes, leurs allures touchantes car pataudes et vous avez craqué, vous les avez choisis.
Vous avez vécu de belles histoires avec vos nouveaux compagnons, mais depuis quelque chose s'est brisé : ceux-ci prenaient de plus en plus de place dans vos vies à mesure qu'ils vieillissaient, coûtant de plus en plus cher en nourriture et soins sans réellement se rendre utiles, alors le cœur serré vous avez pris votre décision, au retour des beaux jours, ou lors des départs en vacances vous les prendrez avec vous, mais vous ne reviendrez pas ensemble...
En effet malgré les nombreuses années de vie en commun à partager les instants de joie et de tristesse vous vous arrêterez au bord d'une route et vous vous en débarrasserez. Vous reprendrez votre chemin, seuls, sans vous retourner, en sachant très bien qu'ils sont entièrement dépendants de vous et que seuls, livrés à eux-mêmes, ils n'ont guère de chance de survivre.
Mais cette année le phénomène a pris une ampleur considérable, en particulier dans les pays arabes, et depuis la tendance ne fait que s’accélérer, alors, devant l'urgence, il est temps de lancer ce message de solidarité :

PEUPLES, MÊME SI LA TENTATION EST GRANDE, N'ABANDONNEZ PLUS VOS DIRIGEANTS AU BORD DES ROUTES, CAR ILS ONT VRAIMENT BESOIN DE VOUS...!


mardi 26 juillet 2011

« Le testament » de Brassens

 

Cette chanson du grand Georges évoque comme son nom l’indique, la disparition de son auteur, tout comme sa superbe « Supplique pour être enterré à la plage de Sète ». Mais chez Brassens point de sanglot,s de marche funèbre, de cortège de pleureuses, de lamentations, de communiqués faussement éplorés de l’Elysée et de Matignon écrits à la va-vite par une obscure secrétaire. Au contraire le thème de la mort est l’occasion pour notre sympathique troubadour de laisser le champ libre à sa fantaisie pleine de tendresse et d’humour, ce qui lui permet par la même d’atteindre une expression d’émotion contenue, toute personnelle et poétique, ce qui est la marque des grands.

Ce testament lyrique d’un de nos moustachus préférés (après Staline et Hitler bien-sûr, mais ces derniers étaient quand même moins doués à la guitare, ainsi par exemple le débonnaire Géorgien s’intéressait davantage à l’orgue de barbarie…) évoque avec nostalgie ses dernières heures sur Terre avant le grand voyage, et, fidèle à son image de mauvais élève au grand cœur, se montre joueur avec « la camarde », voire un peu tricheur, en évoquant « la tombe buissonnière » pour profiter encore un peu des délices de la vie charnelle, notamment au contact des jolies mortelles peu farouches, telle la Cendrillon de « la chasse aux papillons ».

Le chanteur évoque également de façon touchante sa compagne à qui il souhaite de rencontrer un autre mari, un peu à son image, et Brassens nous précise bien que l’homme en question aura tous les droits, comme jouir de ses biens personnels, sauf bien entendu de… faire du mal à ses chats !
Et oui, Brassens, l’amoureux fou des petits félins (et ce n’est pas moi qui le lui reprochera), jure de venir hanter le rascal qui osera leur faire des misères.
Bon, dit comme cela ce n’est pas très effrayant… en effet le fantôme d’un paisible moustachu armé d’une guitare et d’une pipe ne risque pas d’effrayer grand monde (à part peut-être les amateurs de musiques de merde rap et autres courants pitoyables plus modernes), mais justement, l’autre nuit, quelques heures après que j’eus refusé à mon chat les bouchées de thon qu’il me réclamait désespérément (même si sa gamelle est pleine il suffit d’ouvrir une boite de thon salé devant lui pour le rendre fou, et oui, je sais, ce que je raconte est absolument passionnant). Donc disais-je, avant cette digression d’un haut intérêt philosophique, je prenais quelque repos amplement mérité lorsque, dans mon sommeil, je crus entendre une voix d’homme susurrer à mon oreille du … Carla Bruni (certains ici parleront de truisme car « Carla Bruni » et « crier » dans la même phrase tiennent davantage de la science-fiction que de l’objectivité) en s’accompagnant de la guitare. Cela donnait à peu près ceci : ♫ Pom popom popom… Quelqu’un m’a dit ♪… pom popom popom ♫… Raphaël, quatre consonnes et trois voyelles ♫… pom popom popom… Je suis le plus beau du quartier ♪… c’était atroce ! Croyez-moi il faut faire attention à ne pas contrarier nos amis à vibrisses !

  L'inverse n'est pas tellement mieux d'ailleurs...

Le chanteur conclut son texte par ces mots « me v’la dans la fosse commune, la fosse commune du temps »  comme si son destin était d’être oublié ainsi qu’un vulgaire Justin Bieber, mais je gage qu’il lui reste encore de nombreuses années d’immortalité…

Je serai triste comme un saule
Quand le Dieu qui partout me suit
Me dira, la main sur l'épaule:
"Va-t'en voir là-haut si j'y suis."
Alors, du ciel et de la terre
Il me faudra faire mon deuil...
Est-il encore debout le chêne
Ou le sapin de mon cercueil?

S'il faut aller au cimetière,
Je prendrai le chemin le plus long,
Je ferai la tombe buissonnière,
Je quitterai la vie à reculons...
Tant pis si les croque-morts me grondent,
Tant pis s'ils me croient fou à lier,
Je veux partir pour l'autre monde
Par le chemin des écoliers.

Avant d'aller conter fleurette
Aux belles âmes des damnées,
Je rêve d'encore une amourette,
Je rêve d'encore m'enjuponner...
Encore une fois dire: "Je t'aime"...
Encore une fois perdre le nord
En effeuillant le chrysanthème
Qui est la marguerite des morts.

Dieu veuille que ma veuve s'alarme
En enterrant son compagnon,
Et que pour lui faire verser des larmes
Il n'y ait pas besoin d'oignon...
Qu'elle prenne en secondes noces
Un époux de mon acabit:
Il pourra profiter de mes bottes,
Et de mes pantouflee et de mes habits.

Qu'il boive mon vin, qu'il aime ma femme,
Qu'il fume ma pipe et mon tabac,
Mais que jamais - mort de mon âme! -
Jamais il ne fouette mes chats...
Quoique je n'aie pas un atome,
Une ombre de méchanceté,
S'il fouette mes chats, y'a un fantôme
Qui viendra le persécuter.

Ici-gît une feuille morte,
Ici finit mon testament...
On a marque dessus ma porte:
"Fermé pour cause d'enterrement."
J'ai quitté la vie sans rancune,
J'aurai plus jamais mal aux dents:
Me voilà dans la fosse commune,
La fosse commune du temps.

PS : la solution à l’énigme de l'article précédent...

samedi 23 juillet 2011

Devinette : Que suis-je?

Misogynie à part, comme disait l'immortel (bien que non membre de l'Institut) Brassens, qui se cache derrière ces lignes ?

La femme connaît bien ma plus grande faiblesse,
Et sait qu’à son contact je m’épanche sans cesse,
Mais l’homme aimerait tant qu'à ce fait singulier
L'on me trouvât pluriel, bien plus que singulier… 

mardi 19 juillet 2011

Présidentielles : Sarkozy peaufine sa stratégie

- Chérie, j'ai une mauvaise et une bonne nouvelles pour toi : la mauvaise est que selon mes conseillers, mes chances d’être réélu augmentent considérablement si je m'engage solennellement devant les Français à ce que tu abandonnes définitivement la chanson. La bonne est que de toutes façons je ne tiens jamais mes promesses alors...

vendredi 15 juillet 2011

Le rapport Obin

Rapport sur les signes religieux à l’école, sorti en 2004 et que vous pouvez télécharger ici (merci à Fromage plus pour le lien). Morceaux choisis (en gras et en italique, les phrases en caractères normaux étant de votre humble serviteur) :

  • Dans telle cité on nous dit que les filles doivent rester le week-end en pyjama afin de ne pouvoir ne serait-ce que sortir au pied de l’immeuble. Dans tel lycée elles enfilent leur manteau avant d’aller au tableau afin de n’éveiller aucune concupiscence. Presque partout la mixité est dénoncée, pourchassée et les lieux mixtes comme les cinémas, les centres sociaux et les équipements sportifs sont interdits. A plusieurs reprises on nous a parlé de la recrudescence des mariages traditionnels, « forcés » ou « arrangés », dès 14 ou 15 ans. Beaucoup de jeunes filles se plaignent de l’ordre moral imposé par les « grands frères » Mais à part cela c’est bien connu, l’homme occidental blanc et chrétien est le plus horrible des machos.

  • L’obsession de la pureté est sans limite : à ces élèves d’une école primaire qui avaient institué l’usage exclusif des deux robinets des toilettes, l’un réservé aux « musulmans », l’autre aux « Français », répond comme amplifiée la demande récente d’un responsable local du culte musulman à l’inspecteur d’académie d’un important département urbain, d’instituer des vestiaires séparés dans les salles de sport, car selon lui « un circoncis ne peut se déshabiller à côté d’un impur. » Tiens, tiens, il n’y aurait pas comme des relents d’apartheid dans l’air ? Il faudrait peut-être prévenir SOS Racisme, la LICRA, la LDH, le MRAP, Lilian Thuram et autres âneries subventionnées parce que je ne les vois pas beaucoup réagir sur la question. En revanche je les entends souvent se congratuler sur la noblesse et la justesse de leurs combats et de leurs idéaux. Il est vrai que la masturbation ça rend sourd, voire aveugle…

  • Un proviseur a cru bon aussi d’imposer la viande halal à l’ensemble des rationnaires, provoquant d’ailleurs la démission de son gestionnaire. Enfin, dans d’autres établissements on a institué une ségrégation entre « musulmans » et « non-musulmans » en composant des tables distinctes ou en imposant un menu à chaque catégorie : ici par exemple l’agneau est « interdit aux non-musulmans », là les tomates sont « réservées aux musulmans » Oui les gars, il serait vraiment temps d’arrêter votre branlette intellectuelle là, parce que ça commence à sentir le cramé… ou alors changez de main !

  • Le mois de carême musulman est l’occasion d’un prosélytisme intense au sein des établissements. Dans certains collèges par exemple, il est devenu impossible pour les élèves dont les familles sont originaires de pays dits musulmans de ne pas se conformer au rite, y compris dans le cas où les parents demandent explicitement à l’administration que leur enfant continue de manger à la cantine. En témoignent ces reliefs de repas qui souillent fréquemment les toilettes, ces démissions d’élèves et, plus dramatique, cette tentative de suicide d’un élève soumis aux mauvais traitements de ses condisciples. Tiens c’est curieux, à chaque nouveau Ramadan nos politiques nous rebattent les oreilles avec cette pratique admirable pour sa spiritualité et la fraternité qu’elle génère, mais je dois avoir mal compris…

  • D’autre part les insultes, les menaces, les agressions, bien ciblées cette fois-ci, se multiplient à l’encontre d’élèves juifs ou présumés tels, à l’intérieur comme à l’extérieur des établissements ; elles sont généralement le fait de condisciples d’origine maghrébine. Dans les témoignages que nous avons recueillis, les événements du Proche-Orient ainsi qu’une sourate du Coran sont fréquemment invoqués par les élèves pour légitimer leurs propos et leurs agressions. […] Il est en effet, sous nos yeux, une stupéfiante et cruelle réalité : en France les enfants juifs - et ils sont les seuls dans ce cas - ne peuvent plus de nos jours être scolarisés dans n’importe quel établissement. Les pauvres petits maghrébins font sans doute l’objet d’incessantes provocations éhontées de la part de leurs camarades d’origine hébraïque, forcément plus aisés (« Ouais, moi je vais passer les vacances dans un camp et pas toi, na na na ! »). Il faut les comprendre puisque l’on vous dit qu’ils sont victimes de la société !

  • De nombreux témoignages, comme celui de ce principal du collège d’une sous préfecture d’un département rural, racontant ce car scolaire acclamant Ben Laden en arrivant devant son établissement, semblent montrer que de plus en plus d’élèves vibrent à l’unisson de « la massification du soutien à Al-Qaïda » révélée par les sondages d’opinion dans le monde arabe. ♪Ben Laden il a marqué,♫ la la dir la da da !♪ Al-Qaïda est qualifié,♪ la la dir la da da♫

  • L’absentéisme et le refus de certaines activités sont de plus en plus fréquents, notamment en piscine. Justement, depuis que Ben Laden a lancé la mode de la baignade post mortem, la situation devrait s’améliorer.

  • Un grand nombre d’élèves d’origine maghrébine, Français voire de parents français, la majorité sans doute dans certains établissements, se vivent comme étrangers à la communauté nationale, opposant à tout propos deux catégories : « les Français » et « nous ».[…] Beaucoup de collégiens, interrogés sur leur nationalité, répondent de nos jours « musulmane ». Si on les informe qu’ils sont Français, comme dans ce collège de la banlieue parisienne, ils répliquent que c’est impossible puisqu’ils sont musulmans ! Etrange, pourtant, on n’arrête pas de nous dire qu’ils sont aussi français que les autres, et on nous fait les gros yeux si on ose émettre la moindre réserve

  • Les mathématiques : la seule difficulté mentionnée par des professeurs de cette discipline, en des endroits fort éloignés, qui dénote la même obsession ou le même endoctrinement, est le refus d’utiliser tout symbole ou de tracer toute figure (angle droit, etc.) ressemblant de près ou de loin à une croix. Il suffit qu’elle soit gammée pour qu’ils aient soudain beaucoup moins peur.

Oui, voila où nous en étions dans la France de 2004, et il y a fort à parier que les choses ne se sont pas améliorées depuis, bien au contraire…
Aussi quand on lit cette liste de faits sidérants, comment voulez-vous prendre au sérieux ces escrocs fieffés galopins qui nous expliquent que tout le mal de notre société vient des français blancs incorrigiblement racistes ?

 Monsieur Sopo, vous êtes président de SOS Racisme (une association bien connue pour sa "face sombre") et vous avez organisé ce 14 juillet un concert « gratuit » (merci les subventions) avec des « artistes » pitoyables pour nous expliquer que Mamadou, ce brave polygame originaire du Mali et qui envoie ses fillettes se faire exciser au bled est aussi français, sinon plus, que Jules Martin qui habite en Picardie depuis X générations. Dites-moi, vous n’en avez pas un peu marre parfois de nous prendre sans cesse pour des cons ?

Les militaires sont de vilains guerriers

 

Madame Choly… pardon Joly, vous avez récemment déclaré que vous n’aimiez pas cette « France guerrière » que l’on voyait sur les Champs-Élysées tous les 14 juillet et que vous souhaitiez remplacer cette tradition par un « défilé citoyen ». Fort bien. Cependant avez-vous un temps soit peu songé au message que vous envoyez ainsi à nos militaires qui meurent dans des contrées lointaines, souvent dans l’indifférence générale ? Vous leur dites ni plus ni moins qu’ils sont indignes de participer à la fête de la Nation et qu’ils doivent être relégués loin derrière l’estrade, là où on ne les verra pas car ce ne sont pas des pestiférés, hein, mais presque, un peu comme un enfant anormal que l’on n’ose pas montrer lors des réunions de famille (remarquez s’il s’appelle Olivier Besancenot on peut comprendre…).

Ainsi donc des hommes et des femmes qui risquent leurs vies pour la France ne méritent pas, selon vous, d’être mis à l’honneur, mais le français n’étant pas votre langue maternelle, peut-être ne connaissez-vous pas les significations des mots « sacrifice », « devoir », « loyauté », « honneur », « responsabilité » ou « patriotisme ». Je ne vous en veux pas à vrai dire, mais je m’inquiète quelque peu pour vous car vous appartenez à un parti politique qui, à mon humble avis, n’est pas prêt de vous éclairer sur leurs significations. En revanche si vous souhaitez que l’on vous apporte quelques lumières sur les mots « shit », « ganja », « nihilisme », « laxisme » et « foutoir », quelque chose me dit que vous avez frappé à la bonne porte...

Vous n’aimez pas la France guerrière, à laquelle vous voulez opposer un « défilé citoyen ». Il est vrai que la guerre c’est mal, c’est violent et cela tue des gens. Soit, mais elle existe depuis la nuit des temps, sur tous les continents et à toutes les époques, et je serais tenté de dire que « soldat » est le deuxième plus vieux métier du monde (j’imagine au passage que vous savez ce qu’est le plus vieux métier du monde, sinon je vous engage à tourner votre regard vers ceux de nos responsables politiques qui draguent des barbus et autres sympathiques excités religieux venus d’ailleurs pour gagner quelques voix, cela devrait vous donner une idée). En réalité vous me faites penser à une autruche qui, pour ne pas avoir les yeux souillés par un spectacle désagréable, cache sa tête dans un trou en pensant que de cette façon tout s’arrangera, comme à coup de baguette magique. A ce propos, il y a en ce moment un film sur la lutte entre un « élu » binoclard à l’air vaguement demeuré, pensant qu’il peut tout régler à coup de formules cabalistiques et par un simple mouvement des mains, et une créature plus ou moins humaine assoiffée de pouvoir et prête à s’allier avec les individus les plus louches pour atteindre son but. Non, je ne parle pas de la primaire entre François Hollande et Martine Aubry, mais je vous conjure de ne pas vous rendre dans les salles obscures pour ne pas être influencée et croire qu’il existe des capes d’invisibilité pour se débarrasser de ce qui déplaît dans la vraie vie.

Tout cela pour vous dire qu’un chef d’état digne de ce nom ne cherche pas à masquer la réalité à ses concitoyens sous des pétales de roses. Au contraire, il la considère dans son ensemble et l’accepte telle qu’elle est. A vous d’en tirer vos propres conclusions quant à vos compétences.

Oh, et puis votre idée sur le défilé citoyen serait intéressante si elle ne ressemblait pas furieusement à une de ces nombreuses initiatives visant à faire de la France un pays de castrés dont l’idéal serait de vivre sur un nuage tout rose où le quotidien ne serait qu’amour et câlins, loin, très loin de toute violence. En parlant de cela j’attends avec impatience le nouvel épisode des Bisounours dans lequel, sous l’influence d’une scénariste n’ayant visiblement pas « connecté tous les fils » il nous serait expliqué que « l’on ne naît pas ourson mauve tête à claques, mais on le devient, car il s’agit d’un caractère sociologique et non biologique ».
Je sens que les enfants vont adorer…

 
« Ch’ai arrêté de faire défiler mes troupes sur les Champs Elyssés parce ke che me suis fait kronter par Efa Choly ! »

mercredi 13 juillet 2011

Le blues du businessman

L’été étend sa chaleur étouffante sur le jardin de la luxueuse villa de Tel-Aviv, que rafraîchit quelque peu le vent venu du large. Assis dans un large fauteuil disposé sous le porche principal de l’imposant bâtiment, le banquier Shlomo laisse errer ses pensées, bercé par les effluves marines.
L’homme au nez marqué est morose ; les affaires vont mal avec la crise, et ce matin il n’a pas réussi à toucher un seul enfant gazaoui malgré le fait qu’il ait vidé trois chargeurs de Usi sur la population. Ce doit être l’âge et la polynévrite songe-t-il en contemplant ses mains (aux doigts crochus couverts de bagues serties de pierres chatoyantes), il n’est hélas plus aussi agile qu’auparavant.
Délaissant son exemplaire relié cuir des « Protocoles des sages de Sion » (que le Premier Ministre lui a personnellement dédicacé), Shlomo se lève et retourne à l’intérieur de sa maison se verser un verre. Tout en déambulant dans le gigantesque salon dont les murs sont recouverts d’un nombre impressionnant de trophées (principalement des têtes d’enfants et de femmes des territoires occupés), témoins de la grande époque où l’homme était un redoutable chasseur, il songe à ces temps nouveaux qui annoncent le désordre et la corruption.
Car il est certain que les choses changent… il y a des signes qui ne trompent pas. Ainsi il est de plus en plus difficile de trouver en rayon un petit enfant chrétien pour confectionner le traditionnel pain azyme. La dernière fois, son ami le banquier David, qui est également gérant d’une supérette dans la banlieue de Tel-Aviv lui a bien réservé un beau marmot protestant fraîchement abattu, mais tout de même, ce petit côté « église reformée » donne un arrière-goût étrange au sang. Ceci dit un falafel au petit chrétien peut être au moins considéré comme casher, ce n’est pas comme ces arrivages de kebabs fourrés au petit palestinien qui inondent le marché. Le halal ce n’est pas son truc, et puis question traçabilité… pas très catholique tout cela, il faut bien le dire ! D’ailleurs la dernière fois il a failli se casser une dent sur une pierre en croquant dans un de ces mets de piètre qualité.
En parlant de cela - Shlomo écarte le petit sac d’or qui pend a son cou et se gratte la poitrine – qui sont tous ces gens qui s'opposent aux bonnes vieilles coutumes de son peuple ?
Un voile d’inquiétude passe sur les petits yeux (fourbes) de notre homme. Il songe à tous ces héros là-bas qui se lèvent pour défendre une cause perdue. Le vent faisant danser leurs cheveux fins, ils s’élancent à la tête de blanches caravelles, ou autre embarcation de fortune, pour que le monde prenne conscience.
Ils sont la personnification de la paix, et son porte-voix.

C’est ainsi que, quelque part en Méditerranée…

Oliveau Besanceniais (avec sa panoplie de Che Guevara) : dis Papa, c’est encore loin Gaza ?
Alain Enruine (visiblement malade) : Oliveau s’il te plait… ferme ta gueule… pour une fois…
Houria Boujdeula (passant sur le pont) : tiens, qu’est-ce qu’il a le tout décrépi ?
Oliveau Besanceniais : il est tout ballotté, je crois que papa a le mal de mer !
Houria : oui, je n’ai jamais vu un trotskiste en situation de ballottage, ils ne sont pas habitués (en même temps vu leurs scores…). Ceci dit c’est ennuyeux car ce n’est pas avec ça qu’on va faire fuir le Mossad !
Oliveau Besanceniais : pourquoi vous voulez vous débarrasser de Jospin ?
Cécile Duflop : bon alors c’est quoi le cap pour aller à Gaza ?
Journaliste : sud-est je crois
Militant LGBT : hep hep ! Attendez un peu ! Le cap c’est une donnée sociologique et non géographique ! Moi je dis qu’un cap au nord-ouest pour aller à Gaza est tout autant légitime, et qu'il faut respecter le choix de vie de ceux qui veulent prendre cette direction comme le disait Christophe Colomb !
Journaliste : Mais Christophe Colomb il est allé en Amérique alors qu’il voulait se rendre aux Indes !
Militant LGBT : Justement ! Un type qui croit tout savoir, qui fait tout en dépit du bon sens en méprisant l’avis des autres, qui n’admet jamais qu’il s’est planté et qui affirme que les habitants des Amériques sont autant Indiens que les autres, moi j’appelle cela un progressiste, et j’admire !
Militant anarchiste : Et pourquoi je prendrais le cap que l’on me demande de prendre ? Je n’obéis à aucun capitaine sur ce bateau et j’irai là où je veux !
Militant CGT : En tous cas pour moi il est hors de question de suivre quelque chose avec l’intitulé « SUD » dedans, et je suis prêt à faire la grève pour être entendu ! J’ai d’ailleurs déposé un préavis pour…
Cécile Duflop : La grève !? Je te signale que la grève on ne l’a toujours pas quittée, banane ! On n’est pas encore au large !
Journaliste : dites-moi, profiterez-vous du fait d’être dans la région pour apporter également votre soutien aux Coptes d'Egypte ?
Oliveau Besanceniais : les quoi ??? 
Efa Choly : Che propose que l’on organisse des primaires pour dessider qui ssera le capitaine ssur sse nafire ! Che profite d’ailleurs du fait que ch’ai la parole pour exposser mon programme…
Cécile Duflop : au fait il marche à l’énergie propre ce bateau ?
Militant LGBT : Oui il est à voile et à vapeur, hi hi !
Lilian Turame : Il y a trop de blancs ici, j’me casse !
Houria (consternée) : … je comprends pourquoi le Mossad n’a pas essayé de saboter notre bateau…

 Franchement, vous accepteriez de partir en croisière en tête à tête avec Besancenot, vous ?

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Shlomo aimerait se débarrasser de ce vague à l’âme qui l’étreint en songeant à cette menace angoissante qui approche, et se changer quelque peu les idées.
Ce soir il irait bien passer la soirée avec son ami Cohen, le banquier bolchevique et franc-maçon de la villa voisine. Ils joueront ensemble aux cartes, disputeront une partie de Risk, et fomenteront un ou deux complots pour la domination du monde, comme ça, pour passer le temps, tout en se gavant de gefilte fish.
Shlomo sourit en songeant à tout cela, et la lumière du soleil fait luire ses dents en or, tandis que sa silhouette voûtée semble danser sur le mur.
- Allons! Au diable les lamentations! fait-il dans un grand éclat de rire méphistophélique...

vendredi 8 juillet 2011

Des fantômes et des hommes

ATTENTION ! ARTICLE EFFRAYANT !

Gaston, sympathique employé de bureau sans histoire, vient de mourir, ce qui est fort triste et regrettable, mais que voulez-vous, c’est la vie. Il se trouve cependant que, contrairement à d’autres âmes ainsi libérées de cette vallée de larmes et ayant l’opportunité d’accéder au paradis, à l’enfer ou de connaître les joies de la réincarnation sous la forme d’un suppositoire, Gaston, lui, se voit renaître sous les traits blanchis et quelque peu transparents d’un spectre. Voila qui va surprendre plus d’un ami de notre jovial trépassé, surtout que jusqu'à présent il n’était venu à l’idée d’aucune de ses connaissances d’associer les mots « Gaston » et « esprit », mais nous nous égarons…
Notre vaporeux héros commence sa nouvelle carrière en assistant, invisible, à l’émouvante cérémonie funèbre en son honneur, sentant son petit cœur de défunt se serrer au spectacle de ses proches en larmes, mais il est déjà tard et il doit se diriger vers un nouveau lieu qu’il hantera consciencieusement comme tout bon spectre qui se respecte, ce qui lui permettra d’échapper au spectacle navrant des mêmes proches s’étripant un peu plus tard chez le notaire pour des questions d’héritage…

 Comme pour les chats coincés dans les arbres il est parfois nécessaire d’appeler les pompiers pour aider un fantôme incapable de redescendre

Et là se pose la question, amis lecteurs (je me demande bien pourquoi j’utilise le pluriel) : quelle est la vie d’un fantôme et comment acquiert-il la propriété qu’il va dorénavant occuper ? Je n’en sais à vrai dire pas plus que vous, mais en songeant à la vie de nos amis les morts, il est naturel de s’interroger sur leur quotidien.
Ainsi par exemple, un fantôme contracte-t-il généralement un prêt sur vingt-cinq ans afin de se porter acquéreur de son domaine ? La location est-elle également possible dans ce cas ? Et si le malheureux ectoplasme se trouve dans l’impossibilité de s’acquitter de sa dette, est-il sous le coup d’une expulsion ou bien se retrouve-t-il lui aussi protégé par la mansuétude de la trêve hivernale ?
Il est naturel d’imaginer que les fantômes, ayant généralement connu une vie humaine par le passé, c’est-a-dire sous la forme d’un être de chair et de sang, vont garder quelques unes de leurs habitudes d’antan comme de sympathiques migrants conservant les coutumes de leur pays d’origine et exigeant que le pays d’accueil les accepte tels quels sans contrepartie. Ainsi pourquoi n’existerait-il pas de spectres soixante-huitards se retrouvant en communauté pour hanter une vieille ferme du Périgord à l’abandon ? Si les chèvres peuvent elles aussi revenir de l’au-delà il serait des lors possibles pour nos vaporeux contestataires de continuer à rejeter le système en faisant eux-mêmes leur fromage tout en revendant leurs immondes pull-overs en poils de biquettes désincarnées. Au passage, ce sont les fantômes de légionnaires qui vont être contents…
Mais la coexistence entre ectoplasmes est-elle toujours harmonieuse ? Si un fantôme à la personnalité quelque peu solitaire et anarchiste décide de se fixer sans rien demander à personne dans un lieu particulier, comme un couloir de métro, ne risque-t-il pas de subir des violences de la part d’un réseau de « revenants » roumains prétendant que c’est là leur territoire et que l’intrus n’a qu’à aller expérimenter les joies de l’amour paranormal avec des esprits frappeurs du Péloponnèse ?
Devant toutes ces questions nous ne pouvons formuler que des hypothèses, et il n’est malheureusement pas exclu de penser que les fantômes peu fortunés ou allergiques au lait de chèvre doivent subir le sort des SDF ou habiter à l’hôtel, en attendant mieux…
En parlant de cela, il se trouve justement que certains complexes hôteliers sont connus pour être hantés. C’est le cas, entre autres, du Stanley Hotel aux Etats-Unis, établissement célèbre pour avoir inspiré le roman « Shining » de Stephen King. Je ne suis pas sûr que dans ce cas nous puissions parler de refuge pour spectres dans le besoin, tant le luxe du bâtiment tranche avec l’idée de morts en haillons, mais sachant que les touristes ont la possibilité d’obtenir une visite guidée des chambres les plus hantées, il peut s’agir en réalité d’un accord tacite entre la direction et la troupe d’ectoplasmes chargés d’assurer le spectacle en échange du gîte (les fantômes ayant rarement besoin du couvert). Les Américains gardent le sens des affaires, même avec l’au-delà.
A ce propos je me demande s’il serait possible de mettre sur pied le même type d’attraction dans les hôtels français, ceux-ci étant davantage connus pour être hantés par des directeurs généraux du FMI tout nus que par des spectres (ceci dit un directeur général du FMI peut également être très effrayant, surtout quand il est tout nu, et tout socialiste… d’ailleurs certaines mauvaises langues prétendent qu’il n’y a pas beaucoup de différences entre un socialiste et un fantôme au niveau des idées, mais je m’égare encore une fois). Ainsi, en supposant que le droit du travail français soit appliqué au cas de revenants issus ou non d’une formation aux métiers de l’hôtellerie, serait-il possible de convaincre ces derniers de travailler au-delà de trente-cinq heures par semaine, spécialement en horaires décalés (de nuit) ? Non parce qu’un hôtel prétendument hanté dans lequel on ne voit pas le nez d’un spectre après 15h le vendredi ne fait pas très sérieux. Ce sont les touristes japonais qui vont encore être déçus.
Un autre aspect de la vie des revenants, peu abordé jusqu'à présent, est celui des amours d’outre-tombe. Les fantômes sont volontiers décrits comme des êtres malfaisants, dont l’unique préoccupation est de terrifier ceux qui s’aventurent dans leur antre, mais qui nous dit qu’en réalité ils ne sont pas à la recherche d’un peu d’affection ? Nous avons tous entendus parler de la fameuse dame blanche qui apparaît de nuit sur une route déserte faisant signe à un automobiliste isolé de la prendre en stop. Je ne sais pas pour vous, mais moi cela me fait furieusement penser à du racolage sur la voie publique, quand ce n’est pas plus simplement un moyen pour une demoiselle mal baisée au physique ingrat de s’encanailler et tenter de découvrir des plaisirs qui lui étaient refusés au cours de son existence charnelle.
En parlant de cela je ne sais pas si les travestis sont monnaie courante chez les revenants, ce qui constituerait dès lors une surprise de taille pour notre infortuné auto-stoppeur (qui décidément n’a pas de chance ce soir là…), mais en songeant à toutes les possibilités existantes, je me demande s’il est vraiment responsable de laisser des enfants fantômes hanter seuls un lieu donné, comme on en a déjà signalés. Qui sait si au détour d’un couloir un de ces bambins blafards ne risque pas de tomber nez à nez avec un émule de Marc Dutroux, amateur de spiritisme de surcroît? On imagine cette scène saugrenue et consternante d’un vivant libidineux courant tant bien que mal, le pantalon sur les chevilles, un sac de bonbons dans une main et une pelle dans l’autre, après un spectre terrifié (cela arrive aussi aux fantômes de femmes de chambre dans les hôtels français) qui se retrouve de ce fait dans de beaux draps (c’est le cas de le dire)…

  Pour chaque enfant fantôme commandé, un deuxième offert (papier-cadeau inclus)

Ainsi donc il semblerait que notre brave Gaston ne soit pas au bout de ses peines en ce qui concerne la vie post-mortem, mais s’il est à la recherche de paix et de tranquillité pour passer l’éternité, sans doute devrait-il méditer l’exemple d’un de nos spectres les plus célèbres, jadis président de la République, et qui a eu la brillante idée de se terrer dans un parc d'attraction en plein cœur de l’Auvergne, là où jamais personne, et surtout aucun touriste, ne viendra le déranger… 

lundi 4 juillet 2011

“Shine a light” des Rolling Stones (la chanson hein, pas le film!)


Cela peut sembler étrange aux quelques âmes égarées par erreur sur ce blog (et qui se comptent généralement sur les doigts d'une seule main, voire sur un doigt tout court) de trouver dans cette section dite poétique quelque chose ayant un quelconque rapport avec un groupe dont le nom, à sa grande époque, faisait davantage penser aux orgies, aux seringues, à la poudre et aux albums truffés de références salaces, qu'aux recueils mélancoliques inspirés par une muse solitaire et rêveuse. La muse personnelle des Stones étant plutôt du genre à se retrouver inconsciente et à demi nue au fond d'une loge crasseuse, le nez plongé dans un cendrier rempli à ras-bord d'une substance plus que douteuse...
C'est toutefois oublier que le tandem Jagger/Richards était capable de véritables perles dignes de figurer dans une anthologie de la chanson, en témoignent quelques merveilles comme « Wild horses », « You can't always get what you want », « Ruby Tuesday », « Sister morphine », « Salt of the earth »... et qu'il ne faut pas se fier à leurs dégaines de mauvais garçons (enfin il y a quarante ans, parce que maintenant il n'existe plus guère de parents terrorisés par cette fameuse question : "laisseriez-vous votre fille sortir avec un Rolling Stones ?" : Oui à condition qu'ils soient rentrés à six heures pour prendre leurs cachets et leur tisane!).
« Shine a light » représente, je dirais, une œuvre à part dans l’œuvre stonienne. Elle apparaît dans le double album « Exile on Main st » de 1972 que beaucoup considèrent comme le plus grand album du groupe. Cette chanson évoque l'ordure et la grâce et semble influencée par le style gospel, une référence parmi d'autres pour les Stones, fascinés par la musique américaine (et on les comprend). J'y vois également une réponse à « Let it be » des Beatles, sortie deux ans auparavant, tant par le thème que par la musique, mais ce serait faire injure à cette composition que de n'y voir qu'une copie...

Les paroles mettent en scène un jeune homme (que beaucoup assimilent au guitariste Brian Jones) décrit comme une épave, mais pour lequel le narrateur demande la compassion divine, d’où l'image du Seigneur faisant resplendir une lumière sur cette âme perdue. Magnifique prière d'un lyrisme décadent, hideuse et sublime à la fois (je pense parfois au Dorian Gray de Wilde en l’écoutant) et dont voici les paroles originales :

Saw you stretched out in Room Ten O Nine
With a smile on your face and a tear right in your eye.
Oh, couldn't see to get a line on you, my sweet honey lover
Berber jewelry jangling down the street,
Making bloodshot eyes at every woman that you meet.
Could not seem to get a high on you, my sweet honey love.
May the good Lord shine a light on you,
Make every song your favorite tune.
May the good Lord shine a light on you,
Warm like the evening sun.
When you're drunk in the alley, baby, with your clothes all torn
And your late night friends leave you in the cold gray dawn.
Just seemed too many flies on you, I just can't brush them off.
Angels beating all their wings in time,
With smiles on their faces and a gleam right in their eyes.
Whoa, thought I heard one sigh for you,
Come on up, come on up, now, come on up now.
May the good Lord shine a light on you,
Make every song you sing your favorite tune.
May the good Lord shine a light on you,
Warm like the evening sun.


  
- Hein, quoi Keith???
- J'ai dit "Hé Mick, j'ai l'impression que l'auteur il se fout de not'gueule là!"