samedi 6 août 2011

Delirium Tremens 2

Le lycée de Cécile n’était qu’à quelques minutes à pieds de chez elle. Aussi arriva t-elle juste à temps dans la salle d’examens où son professeur de français, Mme Vlashizovsky, était en train de distribuer les copies.

- Ah ! Mademoizèl Chabô, je …être contenteu que vous être juste à la bonne heure, vous dépêcher asseoir sur chaise pour commencer la contrôle !
- Oui Madame !

Elle s’assit à côté de Sylvain et lui fit un petit signe juste au moment où son professeur lui donnait le sujet. L’intitulé était le suivant :
« Avec gràce à vos conéssances de cours vous aller fair un comentaire conposé sur l’influence qui a u Voltère et avec les philosophes otres sur les volussions dans la pensé eeuropéenne sur les droitdelomme et pour aller soigné le stile et l’ortograffe sil vou plai »

Quatre heures plus tard, le contrôle prit fin et les élèves se dirigèrent vers le self pour le repas de midi. Cécile marchait à côté de Sylvain, mais quelque chose semblait la préoccuper. Ils s’assirent à une table de quatre vide et commencèrent leur repas.

- Dis moi Cécile, il y a quelque chose qui te tracasse ? lui demanda son ami.
- Ouais, ma famille commence vraiment à me les briser ! Je n’en peux plus, il faut que j’aille habiter ailleurs !
- Qu’est ce que tu leur reproches ?
- Ça t’emballerait toi de vivre avec une mère bonne sœur fanatique, un père curé athée et un frère futur trafiquant international ?
- Ecoute, mon père est femme à barbe au cirque Maxime de Rome et jamais je n’ai eu honte de lui, il ne faut pas rougir du métier de ses parents. J’ai bien un oncle ministre et un autre, homme d’affaires, mis en examen et…ah non, c’est le même ! Enfin bref, il ne faut pas juger sa famille comme ça !
- Non, ce n’est pas ça, mais la mienne me fait vraiment penser à une famille de dingues ! Et je crois que je vais devenir dingue à mon tour si je reste avec eux !

C’est à ce moment là que Thierry fit son apparition dans le self et s’assit à côté d’eux. Thierry était un garçon timide, grand et maigre, au physique peu avantageux avec d’horribles lunettes à écailles. Mais le problème, c’est qu’il était amoureux de Cécile.

- Bon…bonjour Cécile…euh…et Sylvain aussi, vous allez bien ? dit il en rougissant comme n’importe quelle chose de couleur rouge, un militant des Verts par exemple.
- Oui, ça va, répondit Cécile.
- Ça va, répondit Sylvain.

Et la conversation retomba aussitôt.

Le début d’après midi était consacré au cours de mathématiques et les fonctions topologiques du quarante-deuxième degré dans un espace vectoriel euclidien infiniment borné étaient au programme de la classe de première L. Le professeur était agrégé de mathématiques supérieures de l’université de lettres Brigitte Lahaie, et général en chef de l’équipe de ski nautique de l’armée américaine des Etats-Unis, malgré son passeport marseillais. En tous cas il faisait régner une discipline de fer dans son cours.

- BIEN, BANDE DE GROS NAZES, NOUS ALLONS CONTINUER LA LECON D’HIER, ALORS PRENEZ VOS PUTAINS DE CAHIERS ET NOTEZ CE QUE JE VAIS DIRE ! COMPRIS TAS DE GLANDS ?
- CHEF OUI CHEF ! lui répondit la classe.
- SOIT UN PUTAIN D’ESPACE VECTORIEL NORME DE DIMENSION N, IL EXISTE UNE ET UNE SEULE PUTAIN DE TRANSFORMATION HYPERBOLIQUE TELLE QUE N’IMPORTE QUELLE PUTAIN DE SUITE CONVERGENTE SOIT DIVISIBLE PAR N ! C’EST CLAIR ?
- CHEF OUI CHEF ! entendit il de nouveau.
- ELEVE BOLZANO, REPETE CE QUE JE VIENS DE DIRE !!!
- Soit euh… un espa…euh putain d’espace de dimension finie euh…non, euh, de toute suite normée on peut extraire une suite convergente et…
- MAIS PUTAIN !!! OU AS TU APPRIS LES MATHS BORDEL DE DIEU !!! C’EST QUOI CES CONNERIES QUE TU ME SORS !!!! DANS MA PUTAIN DE SECTION SCOLAIRE JE VEUX DES MATHEMATICIENS QUI EN ONT UNE PAIRE, MEME LES GONZESSES, D’AILLEURS Y A PAS DE GONZESSE ICI !!! Y A QUE DES MATHEMATICIENS, ET PRETS A SORTIR L’EQUERRE ET A POINTER LE COMPAS EN DIRECTION DU TABLEAU QUAND IL LE FAUT !!! JE VAIS T’ADJOINDRE UN CHEF DE GROUPE QUI S’OCCUPERA PERSONNELEMENT DE TON CAS POUR T’APPRENDRE A SORTIR CE GENRE DE CONNERIES ET QUI FERA ENFIN DE TOI UN VRAI HOMME DE SCIENCES AVEC DES BOULES DE BILLARD QUI LUI GONFLENT LE PAQUET, TELLEMENT QUE CA S’ENTRECHOQUE AVEC UN BRUIT DE METAL QUAND TU AVANCES, C’EST CLAIR ?
- Chef oui chef !
- C’EST QUI LE PUTAIN D’ABRUTI QUI S’OCCUPE DE TOI D’HABITUDE ?
- Chef, l’élève Weierstrass, chef !
- PUTAIN WEIERSTRASS !!! C’EST LUI QUI TE SOUFFLE TOUTES CES CONNERIES SUR LES SUITES A LONGEUR DE JOURNEE ? ELEVE STOKES !!!
- Chef oui chef ! lui répondit Stokes
- TU T ‘OCCUPERAS DORENAVANT DE CET ABRUTI D’ELEVE BOLZANO, TU LUI APPRENDRAS MEME A RESOUDRE LES EQUATIONS D’ECOULEMENT !!! ET PUIS CA TE PERMETTRA DE LACHER UN PEU L’ELEVE NAVIER !!! JE SAIS PAS CE QUE VOUS TRAFIQUEZ TOUS LES DEUX AVEC LES ROBINETS DES TOILETTES, MAIS CA N’ARRETE PAS DE GOUTER !!!! DE TOUTES FACONS JE NE VEUX PAS DE PEDES DANS MON COURS, SEULS LES PLUS COUILLUS SONT ACCEPTES !!! QUE CEUX QUI N’ONT RIEN DANS LE FUTAL SE LEVENT QUE JE VOIS UN PEU LA PROPORTION !!!

Toutes les filles se mirent alors debout dans la salle.

- MAIS NON PAS LES GONZESSES, LES PEDES J’AI DIT !!!

Toutes les filles se rassirent. Le professeur était alors le seul debout dans la classe.

- BIEN, J’AIME MIEUX CA !!! DITES VOUS QUE JE NE FAIS AUCUNE DIFFEENCE !!! LES MECS OU LES GONZESSES DANS MA CLASSE , TOUS ONT UNE VRAIE PAIRE QUI PESE LOURD DANS LE CALBUT !!! C’EST COMPRIS ???
- CHEF OUI CHEF !!!

A ce moment là la sonnerie d’alerte incendie retentit dans toute l’école.

- PUTAIN DE BORDEL DE DIEU, UNE ATTAQUE ! ET MES SKIS NE SONT PAS PRETS ! ALLONS BOUGEZ VOS PUTAINS DE CULS ET METTEZ VOUS EN RANG PAR DEUX BANDE DE MOLLUSQUES ! SAC A L’EPAULE ET CALCULATRICE A DROITE ! DROITE ! TAILLEZ VOS COMPAS ET PREPAREZ VOS GOMMES ! VOUS ALLEZ SORTIR EN ORDRE ET SANS BAVARDER OU JE VOUS METS MON POING DANS VOS PUTAINS DE GUEULES DE BLAIREAUX ! ALLONS COMPAGNIE EN ORDRE A MON SIGNAL, GAUCHE, DROITE, BALLE AU CENTRE ET UN PARTOUT, UNE DEUX, UNE DEUX, UNE DEUX ! ALLONS ON SE PRESSE !

Mais il s’aperçut soudain qu’il était tout seul dans la salle. Il prit alors sa veste où brillait la médaille du mérite agricole, la photo de sa femme prise alors qu’elle recevait la médaille d’or de catch tous sexes confondus aux jeux olympiques de Séoul, et sortit.
Dehors, dans la cour, les élèves étaient réunis en rang par classe. Presque tous les professeurs étaient là. Certains s’étaient groupés par deux ou trois pour discuter en attendant que la sonnerie cesse, d’autres jouaient au poker-déshabilleur, et une petite troupe enfin faisait silence autour du directeur qui tenait absolument à montrer à ses collègues que le saut à l’élastique du haut des quatre étages du bâtiment principal était possible. Il manquait entre autres le professeur de sport, Monsieur Pènajouire, mais personne ne s’inquiétait, car tout le monde savait qu’il passait son temps au bistrot d’en face lorsqu’il n’avait pas cours, comme c’était le cas aujourd’hui.
Tous les ans l’établissement procédait à un exercice de simulation d’incendie en accord avec les responsables. Les années précédentes ces exercices n’avaient été espacés que d’une semaine seulement, si bien que plus personne n’y faisait attention. Mais il y a quelques mois de cela il y eut une véritable alerte incendie dans l’école, ce qui eut pour conséquence l’envoi à l’hôpital de plusieurs des membres du corps enseignant, personne ne prenant la peine de vérifier qu’il s’agissait encore une fois d’une alerte. Aussi, pour faire réagir efficacement l’ensemble du personnel à la sirène, il avait été décidé à l’unanimité de réaliser les exercices le plus rarement possible, et les responsables se félicitaient de cette sage décision devant les résultats encourageants. Le nombre de victimes à chaque nouvel incendie diminuait régulièrement, et certains proposaient même de supprimer radicalement tout exercice, pour rentrer dans les quotas de survivants exigés par l’éducation nationale. L’occasion était unique de passer d’un statut de bâtiment sinistré à un classement en zone prioritaire, et le directeur sentait que cette heure de gloire était proche. Le jour allait enfin arriver où le lycée ne se ferait plus remarquer que pour ses résultats catastrophiques au brevet des collèges, et tout le personnel se préparait à fêter l’heureux événement.
Il restait cependant un problème, beaucoup d’élèves disparaissaient lors de ces alertes lorsqu’on tentait vainement de les réunir dans la cour intérieure (le fait qu’un professeur de philosophie avait évoqué l’hypothèse selon laquelle la manœuvre échouait invariablement parce que le lycée était justement dépourvu de cour intérieur avait eu pour résultat de le faire interner dans un hôpital psychiatrique tenu par un ancien psychopathe schizophrène amateur de Céline Dion. Il avait obtenu ce poste en faisant valoir sa longue expérience du milieu médical tout en soulignant qu’il n’avait jamais commis ses crimes de sang froid, mais sous le coup de la folie, et donc qu’il était dans un sens innocent, argument imparable avait alors déclaré l’ensemble des psychiatres, qui l’avaient aussitôt nommé à leur tête), si bien que lors d’une inspection surprise effectuée juste après l’incendie, le directeur n’avait rien trouvé de mieux que de déguiser des professeurs en élèves pour donner l’illusion que l’effectif des élèves restait constant. Comme la classe manquait principalement de filles, plusieurs professeurs masculins avaient dus se travestir en femmes. Et devant l’urgence de la situation, personne n’avait fait attention au costume qu’il avait enfilé, si bien que le professeur d’histoire de retrouvait en robe de mariée, le professeur de mathématiques et général en chef en tenue de nageuse est-allemande du 200 mètres, bien qu’il nageât plus en fait dans ladite combinaison une pièce, n’ayant qu’un gabarit d’un mètre quatre-vingt douze pour cent deux kilos. Le professeur de chimie étrennait une ravissante robe à fleurs du début du siècle (personne cependant n’était capable de dire de quel siècle il s’agissait), et le professeur de français de seconde se retrouvait avec un très beau kimono rouge et noir.
Tout le corps enseignant s’était ainsi retrouvé pour le cours de sciences naturelles, dont le sujet était alors la reproduction sexuée chez l’être humain, et comme il est bien connu que les professeurs sont presque toujours ignorants dans les matières de leurs collègues, presque tous les faux élèves déguisés s’étaient vus donner des heures de retenue par l’inspecteur, indigné devant les énormités qu’ils avaient sorties pour tenter de répondre aux questions de la pauvre professeur. Il avait alors désigné deux élèves au hasard pour illustrer la séance de travaux pratiques, et le cancre de service s’était vu obligé d’embrasser devant toute la classe son professeur de mathématiques, toujours en maillot de bain féminin. Le deuxième bouche à bouche (médical celui-là) avait permis de le sauver juste à temps, et l’élève avait depuis changé d’école, en se jurant de suivre la section littéraire. Comme un petit malin au fond de la classe avait protesté en disant que la démonstration n’était pas adaptée aux personnes homosexuelles, l’inspecteur était venu lui-même l’embrasser. On ne l’avait ensuite plus jamais entendu sortir une de ses idioties pour faire rire l’assemblée, et l’inspecteur était reparti, satisfait de ses initiatives.
Mais ce jour là, le directeur était bien décidé à ne laisser échapper aucun élève. Après avoir quelque peu récupéré de sa chute sur le ciment de la cour (il avait confié au professeur de physique, qui avait d’ailleurs parié mille cinq cent euros avec le professeur de chimie qu’il ne survivrait pas au saut, le soin de calculer la longueur idéale de l’élastique), il s’était dirigé en boitillant vers son bras gauche, son bras droit monsieur Franchard étant ce jour là absent parce qu’il devait assister sans faute à son propre enterrement, pour discuter des mesures à prendre.

Tout-à-coup il entendit une voix derrière lui :

- PROFESSEUR DAVOUX A VOS ORDRES MONSIEUR LE DIRECTEUR, JE VAIS RAMASSER TOUS CES PETITS BRANLEURS QUI SE PERMETTENT DE PROFITER DE L’EXERCICE POUR FOUTRE LE CAMP !
- Ah ! Edgar, vous voilà ! Très bien, prenez des élèves pour vous aider, et trouvez moi les déserteurs. Ah, au fait, tâchez d’en ramener en bon état, cette fois, la gégène ne sera pas nécessaire, je pense !
- MONSIEUR OUI MONSIEUR !! puis, s’adressant à son groupe d’élèves :
- ELEVES, NOUS ALLONS FORMER DEUX PATROULLES POUR PATROUILLER AUX ALENTOURS ET TROUVER TOUS LES ELEVES QUI TENTERAIENT DE S’ENFUIR ! POUR SAVOIR SI VOUS AVEZ AFFAIRE A UN ELEVE EN FUITE C’EST TRES SIMPLE : REGARDEZ LE ATTENTIVEMENT ! SI VOUS PARVENEZ A LE VOIR, C’EST QU’IL EST LA, ET DONC QU’IL N’EST PAS EN FUITE ! PAR CONTRE SI MALGRE TOUS VOS EFFORTS VOUS N'APERCEVEZ PERSONNE DEVANT VOUS, C’EST QU’IL EST EN FUITE, ET DONC QUE VOUS DEVEZ LE RATTAPPER ! DES QUESTIONS ?
- Chef non chef ! Lui répondit sa classe.
- PARFAIT ! LEJEUNE ET DIRICLET, VOUS PRENDREZ LA TETE DE LA PREMIERE SECTION ! CAUCHY ET SCHWARZ S’OCCUPERONT DE LA SECONDE ! SEULS LES PLUS ASSIDUS DANS CETTE TACHE AURONT DROIT DE TORTURER LES PRISONNIERS A LEUR RETOUR ! C’EST CLAIR LES FILLES ?
- Chef oui chef ! Lui répondit chaque fille du groupe.
-MAIS NON !! J’AI DIT « LES FILLES » !PAS « LES GONZESSES » ! C’EST A TOUT LE MONDE QUE JE PARLE !!! ALLEZ, EXECUTION !!!

Tout le monde partit alors à la recherche des renégats. Cécile en profita pour se diriger vers les toilettes, car elle avait hâte de s’isoler un peu du monde extérieur. Elle ne supportait pas tout le cirque qui suivait généralement une alerte.
En entrant dans la salle réservée aux filles, elle crut distinguer une ombre qui se faufilait dans la pénombre. La prenant pour un élève en fuite, elle se contenta d’allumer la lumière.

- Qu’est ce que tu fabriques ici, la sortie c’est par là, et je te conseille plutôt de te diriger vers la classe avant que Davoux ne te remarque !

mais personne ne répondit. Intriguée, elle se dirigea vers la dernière cabine où l’ombre semblait s’être évanouie. La porte n’était pas verrouillée. Elle s’ouvrit sans faire de bruit lorsque Cécile la poussa du bout des doigts, et elle découvrit...

...

...

...

...

...

...

...


 MAIS NOM DE DIEU VOUS N'AVEZ QUE CA A FOUTRE DE LIRE CET AMAS DE CONNERIES !!?? ET VOUS N'AVEZ PAS HONTE DE PERDRE VOTRE TEMPS COMME CA ??? ALLEZ, RETOURNEZ BOSSER LES GONZESSES AVANT QUE JE NE METTE MON POING DANS VOS PETITES GUEULES DE BLAIREAUX, ET SUR LE CHAMP !!!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire